Percer le Secret

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lundi 14 juillet 2008

V.I.T.R.I.O.L.

Nous vivants, sommes si changeants. Laisser s'exprimer ce qu'il y a de plus profond en nous est une prise de risque inutile, le secret s'impose de lui-même. Plus le temps passe, plus il devient délicat d'extérioriser ce que le mineur (celui qui rectifie notre terre intérieure) découvre.

Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré.
Ne jetez pas vos perles aux pourceaux.


Un chêne ne nourrira pas un porc avec sa sève, mais avec ses glands.

vendredi 4 juillet 2008

Ouroboros



Etant donné que c'est par ma conscience (ou plus précisément, via le prisme de la conscience corporelle, c'est-à-dire la personnalité, l'égo) que je prête essence aux choses, la pure essence (qualité pure) ainsi que la pure forme (quantité pure) se situent donc hors de moi (de l'égo).

Plus une chose est rare et unique (c'est-à-dire présente le moins de similitudes possibles avec autre chose - sachant que l'opposition est un acte subjectif qui dévoile une égalité, j'y reviendrais juste après), plus cette chose a de valeur (c'est bien évidemment une considération totalement subjective, c'est je qui considère la chose comme rare et unique).
Exemple bateau : un homme affamé qui trouve un bon pour un hamburger gratuit accordera à ce bon une valeur infiniment plus élevée qu'un enfant gâté.
On en déduit que ce qui est le plus rare et le plus unique, absolument, c'est tout et rien.
Je suis riche de ce que je ne possède pas, pauvre de ce que j'ai.

J'ai écrit que l'opposition implique l'égalité. Il n'y a en effet aucune différence de valeur entre tout et rien : ce sont des valeurs absolues. Traduisons cela en termes plus simples : la valeur en soi n'existe pas. Donner une valeur à quelque chose, c'est le définir selon des critères plus ou moins précis, mais toujours arbitraires (socle traditionnel d'une civilisation, par exemple ou, mieux, notre personnalité). Ainsi on se retrouve à opposer un objet (positif) à un autre (négatif) pour la seule raison que leur direction correspond ou non à la notre propre (conceptions du bien et du mal).
Objectivement, tout ce que l'on peut dire d'un homme qui en tue un autre, c'est qu'il en tue un autre.

Retournons dans le monde, et parlons de choses sérieuses, concrètes, parlons d'ARGENT.
J'en suis venu, au cours mes cogitationes privatae, à définir l'argent ainsi : l'argent est la foi à son degré le plus inférieur.
En terme d'analogie, l'argent est à la foi ce que la terre est au feu (dans la conception hermétique, bien entendu).
Il n'y aurait donc qu'une différence de degré, et non de nature, entre la foi et l'argent. On peut dire de l'une qu'elle est valeur de la qualité (essence) et l'autre, de la quantité (forme). La foi est, par conséquent, plus proche de l'en soi du monde (la source, la conscience pure) que l'argent (qui lui tend vers la forme pure).

On commence à entrevoir le serpent se mordant la queue.
Les pays ayant adopté un système économique capitaliste (ou son opposé, socialiste - cf ce que j'ai écrit plus haut), dont les seuls intérêts sont économiques, sont les premiers victimes du nihilisme (comparons les taux de suicide de la France ou de la Lituanie avec ceux de la Somalie, par exemple, c'est édifiant). Là ou l'intérêt est porté sur les questions économiques, il n'y a pas de foi, la vie devient alors son propre sens (immanence, matérialisme, quête superficielle du bien être, peur de la mort).
Que font les pays du tiers-monde de leur foi ? Ils la placent dans l'argent ! (Cela explique donc leur incapacité a émerger d'eux-même, car leur confiance est excentrée, hypnotisés qu'ils sont par le faste ostentatoire, l'artificielle beauté du grand Stavroguine).
Le serpent se mord la queue, comme toujours, mais en sens négatif... A moins qu'il n'en ait toujours été ainsi.

Pour finir, la sortie du monde (son dépassement) se fait nécessairement par sa source. Un gland ne poussera que s'il est mis en terre. Méditez sur l'accouchement : nous sortons de la matrice par là ou nous y sommes entrés.

dimanche 29 juin 2008

Expérience, idées diverses

L'expérience s'accumule d'elle-même, il n'y a pas d'acte volontaire derrière son organisation. Tout au plus nous décidons de nous sacrifier, d'aller souffrir sans certitude du résultat de nos actions. Il sera, à la rigueur, prédictible mais importe peu au final. C'est ce qui l'entoure qui fait l'expérience. Succès ou échec, cela n'a pas beaucoup de sens. L'important est de s'impliquer totalement (d'où le sacrifice) pour recueillir un maximum d'informations.

Les objets (qu'ils soient physiques, historiques, métaphysiques, etc.) n'ont pas de sens en soi, mais en tant qu'ils présentent des similitudes (archétypes).

Un arbre croît au travers des saisons. C'est par la Nature et non par sa propre volonté qu'il s'élève.

mardi 24 juin 2008

Diable !

Par curiosité, j'ai décidé de lire un essai intitulé "Qu'est-ce qu'une personne", écrit par un certain Stéphane Chauvier, essai qui m'avait été conseillé par un de mes anciens professeurs. C'est d'un niveau tellement bas, matérialiste, scientifique que j'ai dû m'arrêter vers la page 30; je venais d'apprendre que la distinction entre les personnes, en tant qu'hypostases particulières (hypostasiant des natures pensantes / rationnelles) était orthogonale à la distinction entre les hypostases (de base, c'est-à-dire hypostasiant des essences non-rationnelles)...

« Les découvreurs scientifiques doivent être en un certain sens des esprits pauvres et unilatéraux »
(Nietzsche, Par delà bien et mal, .253)


Cela semble en tout cas être la règle à Nantes.

mercredi 4 juin 2008

Objets et analogie

Tout évènement qui se déroule dans le temps et l'espace n'est-il pas l'impression horizontale d'un sens (archétypal) vertical ?
Le monde est alors aussi réel qu'une oeuvre d'art, des idées y sont imprimées selon une logique qui n'apparaît qu'à l'Artiste. Derrière l'apparence se cache un "autre chose", une obscure volonté.

Il est, par exemple, possible de découvrir le cheminement d'un auteur de philosophie, en parcourant ses travaux, aussi dogmatiques soient-ils : c'est l'impression du moment d'un parcours philosophique, d'une tendance (comme une image sur une photographie) ou plus simplement, d'un mouvement. On peut se perdre dans les mots sans rien en dégager, et se faire à son tour le chantre d'une certaine philosophie (regarder le doigt du sage), ou bien dégager les liens qui sous-tendent l'oeuvre dans une certaine direction (découvrir la lune).

6. Peu à peu j'ai appris à discerner ce que toute grande philosophie a été jusqu'à ce jour : la confession de son auteur, des sortes de mémoires involontaires et qui n'étaient pas pris pour tels; de même, j'ai reconnu que les intentions morales (ou immorales) constituaient le germe proprement dit de toute philosophie. De fait, si l'on veut comprendre ce qui a donné le jour aux affirmations métaphysiques les plus transcendantes d'un philosophe, on fera bien (et sagement) de se demander au préalable : à quelle morale veulent-elles (ou veut-il) en venir ?

(Nietzsche - Par delà bien et mal)


Pour toute chose, on peut observer une succession d'étapes : chaos, génération, croissance, épanouissement, fructification, dégénérescence, pourrissement, mort (chaos). Rien ne déroge à la règle.

Il y a un double mouvement : un mouvement perpétuel qui se fait l'image de certaines règles immuables.

Le progrès est une insomnie.

La Vérité n'existe pas.
Aucun fait présenté où donné, la source fut-elle la plus crédible possible, n'est fondamentalement vrai.

Les données que notre mental acquiert ne doivent rester que des supports pour l'introspection. Et non pas des pierres venant composer une cathédrale intellectuelle.
La première attitude aboutit sur la vivacité d'esprit et d'imagination, la souplesse intellectuelle et la vie (mouvement permanent, kaléidoscopique). La seconde, le savoir croupissant, l'érudition rigide et sclérosée puis, au final, la mort de l'esprit (la cathédrale est terminée).

La donnée n'est rien, ce sont les liens que l'on tisse à partir d'elle qui sont importants.
Car nous ne tissons ni plus ni moins que notre âme (ou centre magnétique) - j'y reviendrais.

La terre est-elle plate ou ronde ? Elle est ronde. Comment le sais-je ? Pourquoi le sais-je ? Le sais-je ?
Qu'est-ce que je cherche ? Pourquoi je cherche ? Qui cherche ?

L'accumulation incessante de données, non employées à des fins d'introspection (même si elles y sont destinées), en plus d'être un exercice fastidieux (on contraint la mémoire à conserver des éléments ne possédant aucune signification) et inutile, réduit petit à petit notre capacité à plonger dans les profondeurs du sens : le mortier se fixe. Il devient impossible d'envisager un fait sans un autre (forme de la terre et gravité, par exemple).

Mieux vaut s'en tenir à très peu de chose et jouer avec, de toute les façons possible et inimaginables.
Le déclic peut se faire par la simple observation d'une chaise.

Accumuler les données et tenter de dégager une logique de leur agencement est l'attitude digne d'un fou, d'un moderne. Il suffit de réfléchir cinq secondes pour comprendre que l'agencement des objets, quels qu'ils soient (mentaux - concepts, physiques - objets, historiques - événements) se fait de façon totalement arbitraire. Autant chercher à comprendre pourquoi une goutte de pluie tombe ici plutôt que .
En vérité, nul besoin d'amasser, la simplicité est prescrite : les liens que nous formons par l'exercice de la pensée analogique (pensée vivante) rencontrent, par hasard, certains objets, des "points de repère" qui semblent venir à nous. Nous découvrons alors des similitudes, des symboles ancestraux, des archétypes, qui viennent d'eux-même s'agencer dans un ordre mouvant.

Nous devenons riches par accident.

samedi 31 mai 2008

Baroques

Georg Friedrich Händel
Un pensiero nemico di pace
Aria peir pieta de miei martiri
Sarabande

Johann Sebastian Bach
«Sans Bach, la théologie serait dépourvue d'objet, la Création fictive, le néant péremptoire. S'il y quelqu'un qui doit tout à Bach, c'est bien Dieu.» (E.M. Cioran - Syllogismes de l'amertume)
Suite pour orchestre n°3 en ré majeur
Prélude et fugue en mi mineur
Toccata et fugue en ré mineur
Petite fugue en sol mineur
La même, arrang. pour guitares
Passacaille et fugue en do mineur

Tarquinio Merula
Capriccio cromatico

mercredi 2 avril 2008

De la Personnalité à l'Essence

Il faut faire la paix comme Jacob qui, après avoir lutté toute la nuit contre un ange ténébreux, a pu voir Dieu avant le lever du jour et se réconcilier ensuite avec son frère Esaü à qui il avait volé le droit d'aînesse.

(Pascal Bouchet, Les forgerons de l'aura, p.158)


Cette courte citation doit être interprétée de la manière suivante : Jacob représente l'égo tyrannique (personnalité) coupée de la profondeur du moi réel (symbolisé par Esaü). C'est par la ruse qu'il se prévaut de son frère, en lui retirant son droit d'aînesse (contre un plat de lentilles). Fuyant l'ire de son frère, il part durant vingt années en exil. C'est sur le retour qu'il passera une nuit à se battre contre un homme inconnu (l'ange ténébreux).

25 - Jacob resta seul ; alors un homme lutta contre lui jusqu'au matin,
26 - Et, voyant qu'il ne pouvait l'emporter, il toucha le gras de la cuisse de Jacob, qui s'engourdit dans la lutte.
27 - L'ange lui dit : Laisse-moi partir, car l'aurore s'est levée ; il répondit : Je ne te laisserai point partir que tu ne m'aies béni.
28 - L'ange repartit : Quel est ton nom ? il répondit Jacob.
29 - Tu ne te nommeras plus Jacob, reprit l'ange, Israël sera ton nom : parce que tu as été fort contre Dieu, et que tu seras fort contre les hommes.
30 - Jacob lui fit cette question : Apprends-moi ton nom. Pourquoi, répondit-il, me demandes-tu mon nom ? et sur le lieu même il le bénit.
31 - Jacob nomma cet endroit Vision de Dieu ; car, dit-il, j'ai vu Dieu face à face, et la vie m'a été conservée.
32 - La vision de Dieu s'étant évanouie, le soleil se leva sur lui, et Jacob boitait de la cuisse.


Le retour à l'Essence (Esaü) et le pardon (réconciliation, reconnaissance du droit d'aînesse) ne semble possible qu'à condition d'un combat contre l'ange inconnu, notre soleil obscur, notre divinité en germe. Ce combat s'inscrit dans la dynamique d'un retour vers soi. Il a pour but d'éprouver les forces (la volonté) du pèlerin. Ainsi, nous pouvons citer Luc-Olivier d'Algange lorsqu'il écrit :

Nous devenons ce que notre Oeuvre nous prescrit d'être.


Nous pouvons nous interroger sur la signification du geste de l'ange, touchant la cuisse de Jacob pour mettre un terme à la lutte. Le choix de cet organe est, en effet, loin d'être anodin

Par sa fonction dans le corps, support mobile, la cuisse signifie également la force. La Kabbale insiste sur cette fermeté analogue à celle de la colonne.
La cuisse de Jupiter (Zeus), à l'intérieur de laquelle, selon la légende grecque, Dionysos aurait opéré une seconde gestation, mériterait toute une analyse symbolique, qui lui prête, de toute évidence, une signification sexuelle et matricielle. (...) Il (le mot cuisse) rejoindrait alors directement le symbolisme de la grotte, ou plus encore de l'arbre creux, ce qui n'est pas en contradiction avec la cuisse considérée extérieurement comme une colonne, c'est-à-dire un symbole à la fois d'élévation et de force.

(Jean Chevalier, Dictionnaire des symboles)


Nous retrouvons ici le symbole de l'arbre creux, bien connu des alchimistes.

Tiphereth représente le moi le plus élevé dans l'homme. Le Christ intérieur par lequel la personnalité peut consciemment atteindre le père. Ce principe est parfois figuré sous la forme d'un enfant: l'enfant royal dans le berceau ou dans l'arbre creux. Ceci montre à quel point le coeur est sacré pour la personnalité.

(http://johfra.no.sapo.pt/LeaoPage.htm)


Nous retrouvons encore les mêmes symboles, agencés d'une différente façon : la personnalité, l'essence (l'aîné ou l'enfant royal), la cuisse (ou arbre creux).
La personnalité est le vecteur de la force existentielle, l'écorce de l'arbre creux. Ce qui est dans l'arbre, ce qui est caché, c'est la force christique essentielle, seule à même de nous amener à dépasser l'existence et rejoindre le Père. Mais pour ce faire, la personnalité / Jacob doit avant tout se réconcilier avec l'essence / Esaü.

samedi 1 mars 2008

Lion vert, quand rugiras-tu ?

Mon existence est une énigme.
Ma langue, un kaléidoscope.
Quand je mets le doigt sur la réponse, elle se défile.
Il me faut plus de subtilité pour la saisir.
Quand je dors, je cesse d'exister.
Mais je me réveille.
Le lion rugira-t-il?