mercredi 12 novembre 2008

Massacre en Brocéliande

Il n'est pas bon être la nature en ce moment en Brocéliande. Juste au dessus de la fontaine de barenton, la forêt à encore eu droit à une "magnifique" tonsure ....

On ne s'en rend pas compte lorsque l'on reste entre les fils de fer qui guide notre chemin.

Sans déconner! Heureusement qu'ils sont là pour nous le rappeler.

lundi 13 octobre 2008

débris

telle la lave jahissant du volcan , je déborde d'amour pour toi.
j'essaye d'atteindre les étoiles, seulement je me retrouve face contre terre, coupé de ma source, je refroidis.
mais je ne suis pas la roche, je me sens battre quelque part derrière le volcan.
Que fais je donc là caché sous cette carapace? Ah oui, j'essaye d'atteindre les étoiles.

jeudi 2 octobre 2008

Perdu

Il m'était impossible de me souvenir de la raison qui m'a poussé à venir ici. Je ne savais plus depuis combien de temps j'errais en ce monde sans espoir, où seules les lanternes parvenaient à émettre un filament de lumière. Les murs étaient glacés par la froideur de l'air. Mon chemin était déjà tout tracé, il me suffisait d'aller tout droit, je n'avais pas le choix. Sauf à un moment, le passage se séparait en deux. D'un côté, la suite interminable, et de l'autre, un escalier assez raide, qui donnait l'impression d'aller tout droit en enfer. Je n'avais plus rien à perdre. Je pris mon souffle, et je mis un pied sur la première marche. L'autre suivit naturellement. J'étais comme attiré vers ce gouffre sans fin. Curieux, je me laissais guider. J'étais dans un noir complet, la lumière ne pouvait atteindre ce lieu si profond. Je continuais de descendre. Rien ne vint. Au bout d'un certain temps, un jour, une semaine, je ne savais pas vraiment, l'escalier se stoppa. J'étais dans une petite pièce, close, vide. Je n'arrivais pas à y croire, je dus me faire une raison, car j'avais peur de ne pas pouvoir remonter, et de devoir finir mon temps dans cette horrible prison, sans lumière, sans rien à manger, sans rien à dire... Une goutte d'eau tombant sur mon front me réveilla en sursaut, j'étais soulagé, tout ça n'était qu'un rêve... Non, malheureusement non. Je pris un peu de cette eau, ainsi que tout mon courage, et je repris l'escalier, en sens inverse. La montée fut horrible, je me sentais lourd, par les peines et la souffrance. Je tombai. Retour au point de départ. Je dus recommencer, et cette fois-ci, j'y suis parvenu. Je me suis retrouvé tout en haut. Je repris espoir, je continuai mon chemin, par où j'aurais déjà dû aller auparavant. Et la vint une autre issue. Pris de panique, je reculai. Au bout de quelques minutes, je réussi à contrôler cette peur, et je me rapprochai du nouvelle escalier. Je m'y engageai. Encore une fois, j'étais comme attiré. Je me stoppai. Je ne pouvais plus retenir mon souffle, j'avais bien trop peur. Peur que ça recommence, peur de perdre espoir, je reculai. La remontée était aussi facile que la descente, comme si où que j'aille, je ne pouvais monter. Arrivé en haut, mon cœur n'arrivait plus à ralentir, tout ce qui venait de se passer se remuait dans mon esprit. Je fermai les yeux, et je continuai mon chemin, en oubliant cet escalier. J'étais comme perdu dans les veines de cet endroit, de nombreux passages coexistaient, impossible de savoir où j'étais. De me repérer. Au bout d'un long moment, j'arrivai dans une pièce, celle-ci éclairée. Un grand livre était posé sur une table: La cité engloutie. C'est en relisant ce titre, que je pus me souvenir la raison de mon voyage. Cet endroit merveilleux, dont tout le monde parle. J'ouvris le livre, puis le feuilleta. Je compris au long de ma lecture, que l'entrée de la cité se trouvait non loin de là. Je continuai émerveillé. Jusqu'à l'instant où je lus: L'entrée est là où la montée n'existe pas. Mes yeux pleuraient des larmes de sang, je me suis laissé tomber en arrière, mon coeur battit de plus en plus vite, puis s'arrêta.

© 2002

mardi 23 septembre 2008

à propos du forum ...


Naufrage (Claude Joseph Vernet)

il ferme ses portes.

lundi 15 septembre 2008

Histoire de Chats

Nous sommes dans un monde peuplé de chat. De chat possédant des ailes, mais ne sachant pas pourquoi.

Un jour l'un d'eux réussit à s'envoler, et se détacha du groupe. De la haut, il vit la longue queue qu'il suivait comme tous les autres, droit dans une falaise, où un tunnel se distinguait. Il voulut voir ce qu'il y avait de l'autre coté du mur. Il alla tout en haut. Et de la haut, il put voir ce qu'on pourrait appeler un paradis. Fou de joie, il descendit avertir les gens avec qui il était. Mais ceux ci le prirent pour un fou, et lui dirent que la seule chose qui était bien pour eux, était de suivre tous les autres. Mais le chat ne les écouta pas, et remonta à nouveau. La haut il se posa, pour contempler ce monde si beau. un long passage de glace le traversait. Au travers, il vit tous les autres chats. A cette instant précis, il comprit. Il prit son envol, et passa au dessus de la falaise. Malheureusement des gardiens y étaient caché, et lui dire qu'il ne fallait surtout pas y aller, car il risquerait de périr. Encore une fois, il n'écouta pas, et fonça. Les gardiens, prient de rage, se mirent à sa poursuite, et lui brisèrent une aile. Le chat tombât, et se rattrapa de justesse. Il eu juste assez de force pour se poser sur un petit rocher. Il comprit que pendant son voyage, ses compagnons étaient rentré dans le tunnel, qu'ils étaient perdu.

Soudain, il sentit une présence au dessus de lui. Il regarda, et vit un autre chat. Celui-ci se posa à coté de lui, et lui demanda ce qu'il s'était passé. Il échangèrent longuement des paroles, le nouveau chat avaient vécu la même chose, mais les gardiens ne l'avaient pas eu. Ils se firent la promesse que lorsque l'aile du premier chat sera guéri, ils iront ensemble de l'autre coté. Tout deux échangèrent longuement la même utopie. C'est alors qu'arriva un troisième chat, qui leur annonça qu'il partageait le même rêve. Le deuxième chat tellement impatient, lui demanda si ils pouvaient partir sans plus attendre de l'autre coté. Le troisième chat accepta, et le premier ne dit pas un mot. Tous ses rêves venaient de s'écrouler. Il ne lui restait plus que des larmes pour crier sa douleur. Arrivé en haut, le deuxième chat comprit trop tard, que le troisième chat était en faite un gardien, qui était venu les piéger. Il coupa sans aucuns remords les ailes du deuxième chat. Celui-ci tombât. Pendant ce temps, le premier chat avait retrouvé l'usage de ses ailes, et secouru le chat qui tombait. Celui-ci lui expliqua ce qu'il s'était passé. Le premier chat lui dit qu'il l'amènera de l'autre coté. Arrivé en haut, un gardien se précipita sur eux, et jeta le deuxième chat dans le vide, en direction de l'interminable paroi. Le premier chat se jeta à son secours, et s'interposa entre le mur et l'autre chat. A cette instant, la violence du choc le privât de ses ailes, ils s'agrippèrent l'un à l'autre, et se dirigèrent vers une chute dont ils ne reviendront jamais.

© 2002

Noyade

La créature glissait sur l'eau... De temps en temps, elle jetait un coup d'œil sous elle... C'était magnifique, la beauté du fond de l'océan est éternel! Soudain, au fond de l'eau, elle vit une bulle d'air. Elle allait enfin pouvoir vivre dans les fonds marins! Profiter grandement de toutes ses merveilles... La bête plongea jusqu'à la poche d'air. Elle y était vraiment bien... Pourtant cet air n'était pas pur... La créature fut empoisonnée jusqu'au fin fond de elle même... la mort était proche, pourtant elle réussit à s'en échapper... voguant sous l'eau... Trop affaibli pour remonter à la surface, elle du trouver de petites bulles, pour ne pas se noyer... Malheureusement elles venaient toutes d'une même source que la première... Détruisant de plus en plus la bête... Maintenant elle a peur! Elle n'ose plus toucher à l'air qui l'entoure! Ça pourrait lui être fatal...

© 2001

mercredi 3 septembre 2008

Le sage au concombre - recueil de la vie et des enseignements de Wuming

Compilé par le maître Dongwang, abbé du monastère de Hanxin dans la treizième année de l'ère du Dragon de Terre (898)


Mon cher ami, très révérend maître Dongwang,

Vieux et malade, je repose en sachant qu'écrire ce mot sera mon dernier acte sur cette terre, et qu'au moment où tu le liras, j'aurai quitté cette vie.

Bien que nous ne nous soyons plus revus au cours des longues années qui ont suivi nos études communes auprès de notre très vénérable maître, j'ai souvent pensé à toi, son plus digne successeur. Des moines de toute la Chine racontent que tu es un véritable lion du Bouddha Dharma; que ton oeil est une étoile filante, que ta main saisit l'éclair et que ta voix éclate comme le tonnerre. On dit que chacun de tes actes ébranle le ciel et la terre et disperse sans rémission les éléphants et les dragons de l'illusion. On me raconte que ton monastère est sans rival pour ce qui est de la rigueur, et que sous ton exigeante direction, des centaines de moines poursuivent leur formation avec les plus grands zèle et vigueur. J'ai aussi entendu dire qu'en ce qui a trait au problème du successeur accompli, la chance ne t'a pas autant favorisé. Ce qui m'amène au sujet de cette lettre.

Je voudrais attirer ton attention sur le jeune homme à qui cette note est attachée. Debout devant toi, comme il doit l'être, en train de sourire bêtement sans doute, tout en se bourrant de concombres marinés, tu pourras peut-être te demander s'il est aussi débile qu'il le semble, et si c'est le cas, qu'est-ce qui me pousse à te l'envoyer. Pour répondre à la première question, je puis t'assurer que la débilité de Wuming est bien plus complète que la simple apparence ne pourrait le faire croire. Et pour la seconde question, je ne puis que répondre qu'en dépit d'une telle hébétude, ou peut-être à cause d'elle, ou plus vraisemblablement encore, malgré ET à cause d'elle, Wuming semble remplir, inconsciemment et accidentellement, la fonction d'un grand Bodhisattva. Peut-être pourra-t-il te rendre service.

Alloue-lui seize heures de sommeil par jour et donne lui en abondance des concombres marinés et Wuming sera toujours heureux. N'attends rien de lui et tu seras heureux.

Respectueusement,

Jinmang


Après les funérailles de Jinmang, les bienfaiteurs de son temple s'occupèrent d'organiser le voyage de Wuming jusqu'au monastère de Hanxin, où je résidais alors, comme maintenant, en tant qu'abbé. Un moine trouva Wuming à la porte du monastère, et voyant un billet à mon nom épinglé sur sa robe, il le conduisit à mes appartements.

La coutume veut que, lorsqu'ils se présentent à l'abbé pour la première fois, les moines fraîchement arrivés se prosternent trois fois devant lui et lui demandent respectueusement d'être acceptés en tant qu'élèves. Ce qui fait que j'ai été un peu pris par surprise lorsque Wuming est entré dans la pièce, a pris un concombre mariné dans un pot qu'il avait sous le bras, se l'est fourré en entier dans la bouche, et tout en le mâchant béatement, s'est mis à sourire de l'imbécile sourire édenté qui serait un jour légendaire. Tout en jetant un regard insouciant autour de la pièce, il émit un fort claquement des lèvres et demanda, «Quand est-ce qu'on mange?»

Après avoir lu le billet de mon cher vieil ami Jinmang, j'appelai le chef des moines et lui demandai de montrer ses quartiers à mon nouveau disciple. Quand ils furent sortis, je pensai aux paroles de Jinmang. Hanxin était effectivement un lieu de formation de la plus grande sévérité: les hivers étaient glaciaux et les étés torrides. Les moines ne dormaient pas plus de trois heures par nuit et ne mangeaient qu'un seul repas tout simple à chaque jour. Le reste de la journée, ils travaillaient durement autour du monastère et pratiquaient assidument dans la salle de méditation. Et pourtant, ce que Jinmang avait entendu dire était exact. Parmi tous mes disciples, il n'y en avait aucun dont je pouvais être sûr qu'il serait un récipient valeureux de l'intransmissible Dharma transmis. Je commençais à désespérer, craignant de ne pouvoir, faute de ne fut-ce qu'un seul successeur, remplir mes obligations à perpétuer le lignage dharmique de mon maître.

On pouvait difficilement taxer les moines de complaisance ou d'indolence. Leur aspiration sincère et leur effort de discipline étaient admirables, en vérité, et nombre d'entre eux avait atteint une grande clarté de sagesse. Mais ils étaient trop préoccupés de leur capacité à se soumettre à une rude discipline, et trop fiers de leur niveau de compréhension. Ils se chamaillaient pour les postes de prestige et de pouvoir et rivalisaient entre eux pour être reconnus. La jalousie, les rivalités et l'ambition semblaient couvrir le monastère de Hanxin comme l'aurait fait un lourd nuage, engouffrant jusqu'aux plus sages et aux plus sincères dans son brouillard obscurcissant. Tout en tenant le billet de Jinmang devant mes yeux, j'ai espéré et prié que ce Wuming, ce «Bodhisattva accidentel» soit le levain qui faisait tant défaut à ma recette.

A mes grands plaisir et étonnement, Wuming se fit à la vie de Hanxin comme un canard à l'étang. A ma demande, on lui confia le travail de préparer les marinades à la cuisine. A cette tâche il s'affairait sans relâche, et avec un sérieux plein de bonne humeur, il ramassait et préparait ses ingrédients, portait de lourdes barriques, tirait et portait de l'eau, et, bien sûr, vérifiait librement la qualité de sa production. Il était ravi!

Lorsque les moines s'assemblaient dans la salle de méditation, ils trouvaient invariablement Wuming assis dans une immobilité absolue, apparemment plongé dans un profond samadhi. Personne ne devina jamais que la seule chose qui était profonde dans la méditation de Wuming, c'était l'aspect invraisemblable de ce que ce garçon put trouver que la posture, jambes repliées en lotus, dos droit et centré, eût pu être aussi merveilleusement propice aux longues heures de sommeil qu'il appréciait tant.

Jour après jour, et mois après mois, pendant que les moines luttaient pour rester à la hauteur des exigences physiques et spirituelles de la vie monastique, Wuming, lui, la traversait sans effort, avec le sourire et comme en se jouant. Même si, à dire la vérité, sa pratique du Chan était sans le moindre mérite, en vertu des apparences extérieures tous le tenaient pour un moine très accompli et parfaitement discipliné. Bien sûr, j'aurais pu dissiper cette erreur sans la moindre difficulté, mais je sentais que la forme particulière de magie de Wuming faisait son effet et je n'allais pas me priver d'aussi habiles quoique absurdes moyens.

Tour à tour, les moines furent jaloux, perplexes, hostiles, humiliés et inspirés par ce qu'ils présumaient être la grande réalisation de Wuming. Bien évidemment, ce dernier n'imagina jamais que son comportement, ni celui de qui que ce fut, puisse mériter semblable jugement, car il s'agit là des effets d'une nature bien plus sophistiquée que ce dont son propre esprit était capable. Au contraire, tout pour lui était tellement évident et simple que les autres le crurent insondablement subtil.

La présence indéchiffrable de Wuming avait un effet incroyablement déstabilisant sur la vie des autres moines et coupait court au jeu des rationalisations qui accompagne si fréquemment une telle déstabilisation. Son extrême évidence le rendait inintelligible et l'immunisait contre les prétentions sociales des autres. Les tentatives de flatterie tout comme les invectives rencontraient le même sourire d'incompréhension, sourire que les moines croyaient être le tranchant même de l'épée de la Parfaite Sagesse. Comme ils ne trouvaient ni soulagement ni divertissement dans de tels échanges, chacun d'eux se voyait forcé de rechercher la source et la solution de son angoisse à l'intérieur de son propre esprit. Plus important encore, et plus absurde aussi, Wuming fit naître dans leur esprit l'irrépressible détermination à pleinement pénétrer cet enseignement qui dit que «la Grande Voie est sans difficulté», dont ils sentaient qu'il l'incarnait.

Bien qu'au cours de ma vie j'aie rencontré bon nombre des plus vénérables propagateurs des enseignements du Tathagata, jamais je n'en ai rencontré d'aussi habile que ce merveilleux fou de Wuming à éveiller les autres à leur intrinsèque bouddhéité. Ses coq-à-l'ânes spirituels étaient comme des étincelles qui allumaient la flamme de la sagesse d'éveil dans les esprits de ceux qui engageaient la conversation avec lui.

Un jour, un moine s'approcha de Wuming et lui demanda, en toute sincérité, «Dans tout l'Univers, qu'y a-t-il de plus merveilleux?» Sans hésiter, Wuming produisit un concombre sous le nez du moine et s'exclama, «Rien n'est plus merveilleux que ceci !» Ce qui fit tomber le moine à pieds joints dans le dualisme sujet-objet: «L'Univers entier est concombre mariné et un concombre mariné n'est pas différent de l'Univers entier !» Wuming se contenta de glousser et répliqua, «Cesse de dire des conneries. Un concombre est un concombre et l'Univers entier, c'est l'Univers entier. Il n'y a rien de plus évident!» Le moine, pénétrant la parfaite manifestation phénoménale de la Vérité absolue battit des mains et rit, disant: «A travers l'espace infini, tout est délicieusement aigre !»

A une autre occasion, un moine lui demanda: « Le Troisième Patriarche a dit, "La Grande Voie est sans difficulté, cessez simplement d'avoir des préférences". Comment peux-tu te régaler à manger des concombres et pourtant refuser de manger ne fut-ce qu'un seul morceau de carotte?» Wuming rétorqua : «J'aime les concombres, et je déteste les carottes !» Le moine vacilla comme s'il avait été frappé par la foudre. Puis, riant et pleurant, tout en dansant, il s'exclama : «Aimer les concombres et détester les carottes est sans difficulté, il faut simplement cesser de préférer la Grande Voie!»"


A peine trois ans après son arrivée, les histoires du «Grand Bodhisattva du monastère de Hanxin» avaient fait le tour des provinces de la Chine. Connaissant la réputation de Wuming, je ne fus pas vraiment étonné lorsqu'un messager de l'Empereur arriva pour enjoindre à Wuming de se présenter immédiatement au Palais Impérial.

De tout l'Empire, des représentants des Trois Enseignements du Bouddhisme, du Confucianisme et du Taoïsme avaient été appellés à se rendre à la capitale, car l'Empereur voulait en proclamer une comme étant la vraie religion qui devrait être pratiquée et prêchée dans tous les pays qui étaient sous sa domination. L'idée d'une telle compétition n'a jamais eu mon approbation et de plus, la crainte d'une persécution religieuse me troublait beaucoup. Mais un ordre de l'Empereur ne peut être ignoré, c'est pourquoi Wuming et moi nous mimes en route dès le jour suivant.

Dans la grande salle du Trône étaient rassemblés plus de cent prêtres et érudits qui devaient débattre ensemble. Ils étaient entourés des seigneurs les plus puissants de Chine, ainsi que des innombrables conseillers du Fils du Ciel. Toutes ensemble les trompettes sonnèrent, les cymbales retentirent, et des nuages de fumée d'encens s'élevèrent de partout ; l'empereur, porté par un détachement de la Garde, fut emmené jusqu'au trône. Après que les formalités d'usage aient été accomplies, l'Empereur fit signe de commencer le débat

Les heures s'écoulèrent au cours desquelles prêtres et savants s'avancèrent pour présenter leurs doctrines et répondre aux questions. Pendant tout ce temps, Wuming resta assis, content et sans souci, tout en se bourrant de sa nourriture préférée. Lorsque sa réserve fut terminée, il replia tranquillement ses jambes, se redressa le dos et ferma les yeux. Mais le bruit et l'agitation étaient trop grands et, incapable de dormir, il devint toujours plus irritable et énervé à chaque minute qui passait. Au moment où je le maintenais fermement par la nuque pour tenter de le retenir, l'Empereur lui fit signe de s'approcher du trône.

Lorsque Wuming fut devant lui, l'Empereur dit: «A travers tout le pays on chante tes louanges comme d'un Bodhisattva dont l'esprit est comme la Grande Vacuité elle-même, et pourtant, tu n'as pas eu un mot à offrir à cette assemblée. C'est pourquoi je te le demande maintenant, enseigne moi la Vraie Voie que tous ceux qui résident sous le Ciel puissent la suivre». Wuming ne répondit rien. Après quelques instants, l'Empereur, avec une note d'impatience dans la voix, s'exprima à nouveau: «Peut-être ne m'entends-tu pas bien, aussi vais-je me répéter ! Enseigne moi la Vraie Voie que tous ceux qui résident sous le Ciel devront suivre!» Toujours Wuming ne répondit rien, et le silence se propagea à travers la foule alors que tout le monde s'efforçait de voir ce moine qui osait un aussi audacieux comportement en présence de l'Empereur.

Wuming n'entendait rien de ce que disait l'Empereur, et il ne remarqua pas non plus la tension qui vibrait à travers la salle. Sa seule préoccupation était de trouver un endroit bien tranquille où il pourrait dormir sans être dérangé. L'Empereur parla encore, et sa voix tremblait de fureur, et son visage était cramoisi de colère. «Tu as été convoqué à ce conseil pour parler au nom des enseignements bouddhistes. Ton manque de respect ne pourra pas être toléré plus longtemps. Je vais te le demander une fois encore, et si tu devais manquer à me répondre, je t'assure que les conséquences seraient des plus graves. Enseigne moi la Vraie Voie que tous ceux qui résident sous le Ciel devront suivre!». Sans un mot, Wuming se retourna et, dans un silence stupéfait, l'assistance médusée le vit se diriger vers la sortie. Il y eut un murmure d'incrédulité abasourdie juste avant que la foule n'explose dans une tempête de confusion.Si certains applaudissaient la brillante démonstration d'intuition religieuse que Wuming leur avait fournie, d'autres couraient en tous sens en proie à une rage indignée, hurlant des injures vers la porte que celui-ci venait tout juste de passer. Ne sachant s'il fallait louer Wuming ou le faire décapiter, L'Empereur se tourna vers ses conseillers, mais ceux-ci n'en savaient pas plus. Enfin, considérant l'anarchie frénétique à laquelle son grand débat venait d'être réduit, l'Empereur avait probablement dû se rendre compte que quelqu'aient pu être les intentions de Wuming, il n'y avait plus qu'un seul moyen d'éviter que le débat ne devienne un embarras très sérieux.

«Le grand sage du monastère de Hanxin nous a très habilement démontré que le grand Tao ne peut pas être confiné aux doctrines, mais est exposé admirablement par les actes harmonieux. Profitons donc de la sagesse qu'il a si compassionnément partagé avec nous, et tâchons de faire en sorte que chacun de nos pas unisse le Ciel et laTerre en accord avec le subtil et profond Tao».

Ayant ainsi parlé, le Fils du Ciel mit un terme au Grand Débat.

Je courus immédiatement à l'extérieur pour retrouver Wuming, mais il avait disparu dans la foule des rues de la capitale.


Dix ans ont passé depuis, et je ne l'ai jamais revu. Pourtant, il arrive qu'un moine errant s'arrête à Hanxin et nous en donne des nouvelles. On me dit que depuis cette dizaine d'années, Wuming erre à travers le pays en cherchant en vain à retrouver le chemin pour rentrer chez lui. A cause de sa réputation, il est accueilli et reçu partout avec générosité et gentillesse; cependant, ceux qui entreprennent de l'aider dans son voyage découvrent généralement qu'ils ont été aidés dans le leur.

Un jeune moine raconta ainsi la rencontre qu'il fit au cours de laquelle Wuming lui demanda: «Peux-tu me dire où est mon domicile?» Egaré quant au sens réel de la question, le moine répliqua: «Le domicile dont vous parlez se trouve-t-il dans le monde relatif de l'espace-temps, ou parlez-vous du Domicile Originel de la Nature de Bouddha inhérente à toutes choses?»

Après avoir marqué une longue pause pour considérer la question, Wuming leva les yeux et, souriant comme seul lui sait le faire, il répondit : «Oui».

samedi 19 juillet 2008

Secte - Sectes : définition

source: www.mutations-radicales.org

Définition de sectes

Le mot secte est employé à toutes les sauces. On voit des sectes partout et les définitions de ce qu’est une secte sont souvent fantaisistes. La plupart du temps, l’expression secte n’est pas employée de manière objective, il s’agit de dénigrer et de pratiquer amalgames et rumeurs sans définir les choses.

A l’origine, le mot secte avait un sens neutre et non péjoratif. Il désignait un groupe qui, pour différentes raisons, se sépare d’un courant dominant, ou un groupe de gens qui partagent la même doctrine

De nos jours, le mot secte a pris un tout autre sens et il amalgame des notions très diverses dans la plus grande confusion. Ce qui est sûr, c’est qu’il est devenu un terme injurieux. Quand le public pense "secte", il pense :

  • au mieux : doux dingues, marginaux, rêveurs idéalistes
  • au pire : criminels, exploiteurs, esclavagistes, violeurs, fous dangereux, enlèvements, terroristes, suicides, etc

Mais ces dernières années, à cause de l’insistance des médias et de certaines associations (avec l’accord de presque tout le monde), les pires images sont associées au mot secte. En gros, il signifie maintenant : "groupe totalitaire dirigé par un ou plusieurs chefs (gourous) despotiques qui pratiquent l’exploitation sur fond de mauvais traitements physiques ou psychologiques". C’est la définition qu’adoptent implicitement 95% des personnes.

Le plus grave n’est pas le détournement du sens du mot, mais le fait que cette définition soit accolée à n’importe qui et qu’on joue parfois sur l’ambiguïté des restes de la définition originelle (journalistes, juges, législateur...).
Associations, RG, médias, gouvernements... se sont bien gardés de donner une définition précise du mot secte, et ils se sont encore moins souciés de vérifier scrupuleusement si un groupe correspondait dans les faits à ces "définitions" floues avant de le jeter en pâture à un public qui s’est volontiers laissé manipuler.

Quantité de personnes et de groupes, pourtant totalement inoffensifs ou ne faisant rien d’illégal, ont été salis, dénoncés, pourchassés, voire détruits. La Thébaïde (Mutations-Radicales) en a fait les frais, même si d’autres ont plus souffert. Le rapport parlementaire de 1995, puis la loi anti-sectes de 2001, ont été une parfaite illustration de ces méthodes autoritaires et liberticides.

Tout en ancrant dans les inconscients collectifs l’idée qu’une secte était toujours un groupement dangereux et criminel, on a donc avancé des définitions de la secte fantaisistes et laissant libre cours à toutes les interprétations. Par exemple, il suffit de critiquer radicalement la société, ou de prôner des pratiques économiques parallèles, pour être qualifié de secte, avec tout l’opprobre qui va avec. Quasiment n’’importe qui pourrait se voir qualifier de secte.

Personne n’a voulu définir sérieusement la notion de secte et établir les distinctions qui s’imposent entre des groupements réellement criminels et des associations simplement marginales (au sens large et non péjoratif), qu’elles soient spirituelles, religieuses ou athées. Le but était (est toujours) de créer une psychose et une nouvelle catégorie de parias, de distraire les foules et de les détourner des problèmes plus graves et plus énormes, d’éliminer les éventuels groupes gênants pour les pouvoirs, d’éradiquer à l’avance toute velléité utopique dans la population (quelles qu’en soient la portée et le fondement). Vous êtes libres, mais à condition ne pas trop vous écarter du chemin consensuel.

Pourtant, on aurait pu définir simplement la secte et se contenter d’appliquer les lois existantes (il y en a déjà bien assez !). Si on veut donner au mot secte un sens péjoratif, on aurait pu simplement dire : "groupe plus ou moins organisé pratiquant l’exploitation et la manipulation d’autrui à l’aide de techniques clairement identifiables." Et alors, on aurait dû apporter des preuves sérieuses avant de pouvoir lancer l’accusation de secte. Tandis qu’à l’heure actuelle, la définition est floue, flottante, élastique (c’est un peu comme la notion de trouble à l’ordre public), et peut se mettre à toutes les sauces. Personne ne s’embarrasse de preuves et de vérifications, il suffit de rumeurs et de dénonciations calomnieuses pour être traîné dans la boue, une boue très collante et très corrosive. Ni procès ni moyen de vous défendre, vous êtes cuits.

Ce qui est drôle, c’est que la définition d’une secte, même en le prenant dans le sens restrictif que j’ai indiqué plus haut, s’applique parfaitement à la "société" dans son ensemble. Denis Duclos, dans le Monde Diplomatique, avait d’ailleurs parlé de "secte sociétale".

La grande secte sociétale utilise donc diverses techniques de manipulation pour persuader les gens qu’elle exploite qu’il leur faut se focaliser sur quelques groupes (coupables ou innocents, peu importe) au lieu de s’interroger sur la nature sectaire des rapports sociaux, économiques et relationnels ! Ce tour de force manipulatoire a parfaitement réussi. Ce principe du " retournement ", consistant à poursuivre impitoyablement ceux qui font en petit (et encore, souvent il ne s’agit que de rumeurs) les horreurs que la "société" recommande et pratique en grand, est appliqué très souvent. On peut par exemple évoquer : les viols/les violences relationnelles en général, le meurtre individuel/la guerre propre, la délinquance de quartier/le pillage capitaliste mondial, le dopage de quelques uns/l’absurdité et la violence de la compétition sportive...

Avec les dérives de la définition des sectes et les amalgames qui ont suivi, ce sont les "valeurs" de nos "sociétés" qui sont mises en lumière. Pour éviter de voir le monde barbare accepté et voulu par presque tous, on fabrique des boucs émissaires, des sortes d’éponges supposées concentrer toutes les criminalités, de manière à s’imaginer que le monde évolue positivement et que les sociétés actuelles, elles, sont humaines et civilisées.

jeudi 3 juillet 2008

Calculateur de consommation d'essence

jeudi 15 mai 2008

sans titre

je suis perdu au milieu d'un rêve,
je n'arrive plus à trouver le chemin
et ne vois plus mes mains
où donc est passé l'air?
je n'arrive plus à en respirer.
mes poumons se rétractent,
j'étouffe, mon cœur éclate,
j'ai mal, je veux me réveiller
le rêve se transforme en cauchemar.
une vague m'envahis, je suis sous l'eau
mon dieu, je vais me noyer
sauvez moi, je ne serais plus hagard
de l'eau entre dans mes poumons.
je vais mourir, et je ne sens pas le fond
mes poumons se gonflent, mon cœur se libère
l'eau était remplie d'air

mardi 1 janvier 2008

Miaou?

Tirée de la galerie Divers :: Carnet de photos:

mardi 18 septembre 2007

Une solution énergétique pour les régions ensoleillées!

http://www.israelvalley.com/news/2007/08/2...oleil-1000-fois

mardi 11 septembre 2007

La fête est finie!

Du moins celle au manoir de la Grée, je n'ai pas pu prendre beaucoup de choses en photos.... Festival :: Art de Rue

Prochain rendez au Convivial'Art le 22 Septembre à Hédé!

Christèle de la Compagnie COSMOS

jeudi 6 septembre 2007

eko'festival Convivial'Art

C'est le 22 Septembre à Hédé (dans l'Ile et Vilaine - 35)

Plus d'infos ici

Merci de faire passer le mot!

lundi 27 août 2007

Saut, le 25 Aout 2007

Plus de photos dans la galerie Divers :: sauts VTT Cap Frehel 08 2007